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Il entre au [[Grand séminaire de Versailles|séminaire de Versailles]] en 1949, effectue son service militaire en Tunisie{{Référence à confirmer}}<ref>{{Lien web |titre=Abbé Jean-François Guérin|url=https://www.communautesaintmartin.org/notre-histoire/abbe-jean-francois-guerin/#vie| site=Communauté Saint-Martin, fondée par Jean-François Guérin}}</ref> puis rejoint le séminaire diocésain de Tours. Il étudie un an au [[séminaire français de Rome]]<ref name=":2" />. Il est ordonné prêtre en 1955 par [[Louis-Joseph Gaillard]], archevêque de [[archidiocèse de Tours|Tours]]. Il est pendant quelques années vicaire à la [[Cathédrale Saint-Gatien de Tours|cathédrale de Tours]], puis en {{date-|septembre 1959}} aumônier des [[Lycée Descartes (Tours)|lycées Descartes]], [[Lycée Balzac|Balzac]] et Grandmont dans cette même ville<ref name=":0">{{Lien web
Il entre au [[Grand séminaire de Versailles|séminaire de Versailles]] en 1949, effectue son service militaire en Tunisie{{Référence à confirmer}}<ref>{{Lien web |titre=Abbé Jean-François Guérin|url=https://www.communautesaintmartin.org/notre-histoire/abbe-jean-francois-guerin/#vie| site=Communauté Saint-Martin, fondée par Jean-François Guérin}}</ref> puis rejoint le séminaire diocésain de Tours. Il étudie un an au [[séminaire français de Rome]]<ref name=":2" />. Il est ordonné prêtre le 29 juin 1955<ref name=":6">{{Article|langue=fr|auteur1=Bruno Attuyt|titre=Priez pour l'Abbé et ses fils|périodique=Sub Signo Martini|numéro=8|pages=6-8|date=2005}}</ref> par [[Louis-Joseph Gaillard]], archevêque de [[archidiocèse de Tours|Tours]]. Il est pendant quelques années vicaire à la [[Cathédrale Saint-Gatien de Tours|cathédrale de Tours]], puis en {{date-|septembre 1959}} aumônier des [[Lycée Descartes (Tours)|lycées Descartes]], [[Lycée Balzac|Balzac]] et Grandmont dans cette même ville<ref name=":0">{{Lien web
|auteur=[[Timothée de Rauglaudre]]
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}}.</ref>. Jean-François Guérin organise pour les jeunes des retraites à l'[[abbaye Notre-Dame de Fontgombault]] dont il devient [[oblat]] en 1961<ref>{{Lien web |langue=fr-FR |auteur=Sébastien Antoni |titre=Transmettre à la façon de la communauté saint Martin |url=https://croire.la-croix.com/Definitions/Lexique/Transmettre-facon-communaute-saint-Martin-2019-05-23-1701023980 |site=La Croix - Croire |date=2019-05-23 |consulté le=2022-11-29}}</ref>{{,}}{{Note|texte=[[Marc Aillet]] indique pour sa part : {{citation|Jean-François Guérin, notre fondateur, était oblat de l'abbaye bénédictine de Fontgombault depuis son ordination en 1955}}<ref>{{Lien web |langue=fr-FR |auteur = [[Marc Aillet]]|titre= Le Pape a eu plus qu'une attitude pastorale exemplaire |url= http://eucharistiemisericor.free.fr/index.php?page=2908085_mgr_aillet_1 |site = eucharistiemisericor |date =2008-08-29| consulté le=2022-12-10}}</ref>|groupe=N}}.
}}.</ref>. Jean-François Guérin organise pour les jeunes des retraites à l'[[abbaye Notre-Dame de Fontgombault]] dont il devient [[oblat]] en 1961<ref>{{Lien web |langue=fr-FR |auteur=Sébastien Antoni |titre=Transmettre à la façon de la communauté saint Martin |url=https://croire.la-croix.com/Definitions/Lexique/Transmettre-facon-communaute-saint-Martin-2019-05-23-1701023980 |site=La Croix - Croire |date=2019-05-23 |consulté le=2022-11-29}}</ref>{{,}}{{Note|texte=[[Marc Aillet]] indique pour sa part : {{citation|Jean-François Guérin, notre fondateur, était oblat de l'abbaye bénédictine de Fontgombault depuis son ordination en 1955}}<ref>{{Lien web |langue=fr-FR |auteur = [[Marc Aillet]]|titre= Le Pape a eu plus qu'une attitude pastorale exemplaire |url= http://eucharistiemisericor.free.fr/index.php?page=2908085_mgr_aillet_1 |site = eucharistiemisericor |date =2008-08-29| consulté le=2022-12-10}}</ref>|groupe=N}}.


Lors du [[IIe concile œcuménique du Vatican|concile Vatican II]] (1962-1965), il entre en conflit avec le nouvel archevêque de Tours, [[Louis Ferrand (évêque)|Louis Ferrand]]<ref name=":0" />. Conservateur, proche du [[Coetus Internationalis Patrum]], Guérin considère que le concile risque d'entraîner des dérives, contre lesquelles il souhaite lutter<ref>{{Article|auteur1=Valentin Béchu|titre=Il a enquêté sur la communauté Saint-Martin, plus grande pourvoyeuse de prêtres|périodique=Ouest-France|date=30/7/2022|lire en ligne=https://www.ouest-france.fr/pays-de-la-loire/mayenne/format-long-il-a-enquete-sur-la-communaute-saint-martin-plus-grande-pourvoyeuse-de-pretres-f9afd2ee-0523-11ed-8a81-42fa9cc69cd5|consulté le=2023-1-17}}</ref>. Il est envoyé à Paris de 1965 à 1968 pour suivre des études de licence en droit canonique. À Paris, il est [[chapelain]] des [[sœurs du Bon Secours]], [[rue Notre-Dame-des-Champs]], et il exerce également les fonctions d'un chapelain à la [[Basilique du Sacré-Cœur de Montmartre|basilique du Sacré-Cœur]], sans en avoir le titre, accueilli par le recteur, [[Maxime Charles]]<ref name=":5">{{Ouvrage|prénom1=Olivier|nom1=Landron|titre=À la droite du Christ: les catholiques traditionnels en France depuis le concile Vatican II, 1965-2015|éditeur=Cerf|date=2015|passage=147|isbn=978-2-204-10383-1|consulté le=2024-01-03}}</ref>. Un certain nombre de jeunes étudiants parisiens et d’anciens [[Association des guides et scouts d'Europe|scouts d’Europe]] le choisissent comme directeur spirituel<ref name=":3" />. Il se lie d'amitié avec le recteur de la Basilique et la prieure des sœurs du Bon Secours. Tandis qu'il « multiplie les prédications et directions de pèlerinages dans le cadre de son ministère à Paris »<ref name=":5" />, plusieurs de ses jeunes étudiants entrent par la suite dans des monastères, tant masculins que féminins<ref name=":0" />{{,}}<ref name=":1" />. En 1968, Il devient délégué général de l’[[Œuvre d'Orient]] jusqu'en 1975<ref name=":3">{{Lien web |titre=Abbé Jean-François Guérin |url=https://www.communautesaintmartin.org/notre-histoire/abbe-jean-francois-guerin/#vie |site=[[Communauté Saint-Martin]] |consulté le=2023-1-17}}</ref>.
Lors du [[IIe concile œcuménique du Vatican|concile Vatican II]] (1962-1965), il entre en conflit avec le nouvel archevêque de Tours, [[Louis Ferrand (évêque)|Louis Ferrand]]<ref name=":0" />. Conservateur, proche du [[Coetus Internationalis Patrum]], Guérin considère que le concile risque d'entraîner des dérives, contre lesquelles il souhaite lutter<ref>{{Article|auteur1=Valentin Béchu|titre=Il a enquêté sur la communauté Saint-Martin, plus grande pourvoyeuse de prêtres|périodique=Ouest-France|date=30/7/2022|lire en ligne=https://www.ouest-france.fr/pays-de-la-loire/mayenne/format-long-il-a-enquete-sur-la-communaute-saint-martin-plus-grande-pourvoyeuse-de-pretres-f9afd2ee-0523-11ed-8a81-42fa9cc69cd5|consulté le=2023-1-17}}</ref>. Il est envoyé à Paris de 1965 à 1968 pour suivre des études de licence en droit canonique à l'[[Institut catholique de Paris]]<ref name=":6" />. À Paris, il est également [[chapelain]] des [[sœurs du Bon Secours]], [[rue Notre-Dame-des-Champs]], et il exerce également les fonctions d'un chapelain à la [[Basilique du Sacré-Cœur de Montmartre|basilique du Sacré-Cœur]], sans en avoir le titre, accueilli par le recteur, [[Maxime Charles]]<ref name=":5">{{Ouvrage|prénom1=Olivier|nom1=Landron|titre=À la droite du Christ: les catholiques traditionnels en France depuis le concile Vatican II, 1965-2015|éditeur=Cerf|date=2015|passage=147|isbn=978-2-204-10383-1|consulté le=2024-01-03}}</ref>. Un certain nombre de jeunes étudiants parisiens et d’anciens [[Association des guides et scouts d'Europe|scouts d’Europe]] le choisissent comme directeur spirituel<ref name=":3" />. Il se lie d'amitié avec le recteur de la Basilique et la prieure des sœurs du Bon Secours. Tandis qu'il « multiplie les prédications et directions de pèlerinages dans le cadre de son ministère à Paris »<ref name=":5" />, plusieurs de ses jeunes étudiants entrent par la suite dans des monastères, tant masculins que féminins<ref name=":0" />{{,}}<ref name=":1" />. En 1968, Il devient délégué général de l’[[Œuvre d'Orient]] jusqu'en 1975<ref name=":3">{{Lien web |titre=Abbé Jean-François Guérin |url=https://www.communautesaintmartin.org/notre-histoire/abbe-jean-francois-guerin/#vie |site=[[Communauté Saint-Martin]] |consulté le=2023-1-17}}</ref>.


Jugé alors {{Citation|trop traditionnel}}<ref name=":5" />, Jean-François Guérin trouve de l'aide auprès de [[Jean Roy (abbé)|Jean Roy]], abbé de l'[[abbaye Notre-Dame de Fontgombault]], dans le [[diocèse de Bourges]]. L'abbaye est notamment connue pour avoir caché dans les années 1970 le [[Milice française|milicien]] [[Paul Touvier]]{{Note|texte=L'abbaye de Fontgombault accorde protection à Touvier dès 1973. [[René Rémond]] indique que {{citation|Avant 1972, il n'était guère possible de déceler une corrélation quelconque entre les soutiens qu'il s'était acquis et les clivages politiques et idéologiques. Après 1972, il en va différemment. L'éventail tend à se réduire au secteur le plus traditionaliste. (...) D'année en année, Touvier est davantage pris en charge par la fraction catholique qui partage en tout sa vision politique. Dès lors, on est en droit de penser que les affinités idéologiques ont largement supplanté les motifs de charité et les considérations spécifiquement religieuses}}<ref>{{Ouvrage|auteur1=René Rémond|directeur1=oui|titre=[[Paul Touvier et l'Église]]|passage=301-302 ; 394-395|lieu=Paris|éditeur=Fayard|date=1992|pages totales=417|isbn=9782213028804}}.</ref>|groupe=N}}.
Jugé alors {{Citation|trop traditionnel}}<ref name=":5" />, Jean-François Guérin trouve de l'aide auprès de [[Jean Roy (abbé)|Jean Roy]], abbé de l'[[abbaye Notre-Dame de Fontgombault]], dans le [[diocèse de Bourges]]. L'abbaye est notamment connue pour avoir caché dans les années 1970 le [[Milice française|milicien]] [[Paul Touvier]]{{Note|texte=L'abbaye de Fontgombault accorde protection à Touvier dès 1973. [[René Rémond]] indique que {{citation|Avant 1972, il n'était guère possible de déceler une corrélation quelconque entre les soutiens qu'il s'était acquis et les clivages politiques et idéologiques. Après 1972, il en va différemment. L'éventail tend à se réduire au secteur le plus traditionaliste. (...) D'année en année, Touvier est davantage pris en charge par la fraction catholique qui partage en tout sa vision politique. Dès lors, on est en droit de penser que les affinités idéologiques ont largement supplanté les motifs de charité et les considérations spécifiquement religieuses}}<ref>{{Ouvrage|auteur1=René Rémond|directeur1=oui|titre=[[Paul Touvier et l'Église]]|passage=301-302 ; 394-395|lieu=Paris|éditeur=Fayard|date=1992|pages totales=417|isbn=9782213028804}}.</ref>|groupe=N}}.
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En 1979, Giuseppe Siri érige la Communauté Saint Martin en ''pieuse union'' de droit diocésain<ref name=":4" />.
En 1979, Giuseppe Siri érige la Communauté Saint Martin en ''pieuse union'' de droit diocésain<ref name=":4" />.

Version du 16 mai 2024 à 16:36

Jean-François Guérin
Image illustrative de l’article Jean-François Guérin (prêtre)
Jean-François Guérin (à droite) et le cardinal
Giuseppe Siri (à gauche).
Biographie
Naissance
à Loches (Indre-et-Loire)
Ordination sacerdotale
par Louis-Joseph Gaillard
Décès (à 75 ans)
à Blois (Loir-et-Cher)
Autres fonctions
Fonction religieuse
Fonction laïque

Blason

Jean-François Guérin est un prêtre catholique et prélat français, né à Loches (Indre-et-Loire) le et mort à Blois (Loir-et-Cher) le . Il est le fondateur de la Communauté Saint-Martin.

Biographie

Il naît à Loches le [1], fils unique d'Albert Guérin et de Camille Linard[2]. Ses parents, charcutiers, le font baptiser le dans la collégiale Saint-Ours de Loches[réf. à confirmer][3].

Il entre au séminaire de Versailles en 1949, effectue son service militaire en Tunisie[réf. à confirmer][4] puis rejoint le séminaire diocésain de Tours. Il étudie un an au séminaire français de Rome[5]. Il est ordonné prêtre le 29 juin 1955[6] par Louis-Joseph Gaillard, archevêque de Tours. Il est pendant quelques années vicaire à la cathédrale de Tours, puis en aumônier des lycées Descartes, Balzac et Grandmont dans cette même ville[7],[8]. Jean-François Guérin organise pour les jeunes des retraites à l'abbaye Notre-Dame de Fontgombault dont il devient oblat en 1961[9],[N 1].

Lors du concile Vatican II (1962-1965), il entre en conflit avec le nouvel archevêque de Tours, Louis Ferrand[7]. Conservateur, proche du Coetus Internationalis Patrum, Guérin considère que le concile risque d'entraîner des dérives, contre lesquelles il souhaite lutter[11]. Il est envoyé à Paris de 1965 à 1968 pour suivre des études de licence en droit canonique à l'Institut catholique de Paris[6]. À Paris, il est également chapelain des sœurs du Bon Secours, rue Notre-Dame-des-Champs, et il exerce également les fonctions d'un chapelain à la basilique du Sacré-Cœur, sans en avoir le titre, accueilli par le recteur, Maxime Charles[12]. Un certain nombre de jeunes étudiants parisiens et d’anciens scouts d’Europe le choisissent comme directeur spirituel[13]. Il se lie d'amitié avec le recteur de la Basilique et la prieure des sœurs du Bon Secours. Tandis qu'il « multiplie les prédications et directions de pèlerinages dans le cadre de son ministère à Paris »[12], plusieurs de ses jeunes étudiants entrent par la suite dans des monastères, tant masculins que féminins[7],[8]. En 1968, Il devient délégué général de l’Œuvre d'Orient jusqu'en 1975[13].

Jugé alors « trop traditionnel »[12], Jean-François Guérin trouve de l'aide auprès de Jean Roy, abbé de l'abbaye Notre-Dame de Fontgombault, dans le diocèse de Bourges. L'abbaye est notamment connue pour avoir caché dans les années 1970 le milicien Paul Touvier[N 2]. Jean Roy le met en relation, en février 1976, avec le cardinal Giuseppe Siri[7],[13]. Celui-ci, très conservateur[15], accueille l’abbé Guérin et ses étudiants le , à Gênes, dans le quartier de Voltri, et met à leur disposition le vieux couvent San Francesco[6] : c'est la fondation de la Communauté Saint-Martin[7],[16],[13].

En 1979, Giuseppe Siri érige la Communauté Saint Martin en pieuse union de droit diocésain[3].

Le 11 novembre 1983, le cardinal Siri nomme l'abbé Guérin chanoine de la basilique Santa Maria Immacolata de Gênes. En mai 1987, il le nomme chanoine d'honneur de la cathédrale Saint-Laurent de Gênes.

Membre de l'Opus sacerdotale, destinée à éviter de possibles dérives de l'esprit réformateur du concile, l'abbé Guérin promeut, pour sa communauté, « une interprétation conservatrice du concile Vatican II, sans être strictement traditionaliste »[7]. Il partage certaines critiques de Marcel Lefebvre, mais ne participe pas au schisme de 1988. Pour Jean-François Guérin : « On ne peut pas désobéir au pape, pour quelque raison que ce soit »[8].

Il participe également à l'Office international des œuvres de formations civiques et d’action doctrinale selon le droit naturel et chrétien, « association créée par l’intellectuel maurrassien Jean Ousset, favorable au régime de Vichy puis proche des défenseurs de l’Algérie française », et qui rassemble des royalistes, conservateurs, ainsi que des traditionalistes[7].

En 1993, alors que certains évêques français ont déjà confié des ministères à la Communauté, l'abbé Guérin rentre en France : l'évêque de Blois Jean Cuminal invite la Communauté Saint-Martin à installer sa Maison-mère et sa Maison de formation à Candé-sur-Beuvron (qui déménage en 2014 vers l'abbaye Notre-Dame d'Évron, en Mayenne).

L'abbé Guérin assure la charge de modérateur général de la communauté. Il y exerce à la fois la responsabilité de la formation des séminaristes et le suivi spirituel, y compris la confession de ces derniers. Paul Préaux, responsable de la Communauté Saint-Martin depuis 2010, demande au contraire de bien séparer ces deux charges interne et externe[8].

Il démissionne en 2004 pour des raisons de santé[8] et meurt le [1]. Antoine Forgeot, père abbé de l'abbaye Notre-Dame de Fontgombault, célèbre la fermeture du cercueil. La messe des funérailles se tient en la cathédrale Saint-Louis de Blois, la cérémonie est présidée par l'évêque de Blois Maurice de Germiny[17],[5].

Guérin passe pour un fondateur qui « n’était ni grand intellectuel, ni grand théologien » et qui « semble avoir été bien moins idéalisé que dans d’autres communautés des années 1970 », selon La Croix[18].

Pour approfondir

Articles connexes

Liens externes

Notes et références

Notes

  1. Marc Aillet indique pour sa part : « Jean-François Guérin, notre fondateur, était oblat de l'abbaye bénédictine de Fontgombault depuis son ordination en 1955 »[10]
  2. L'abbaye de Fontgombault accorde protection à Touvier dès 1973. René Rémond indique que « Avant 1972, il n'était guère possible de déceler une corrélation quelconque entre les soutiens qu'il s'était acquis et les clivages politiques et idéologiques. Après 1972, il en va différemment. L'éventail tend à se réduire au secteur le plus traditionaliste. (...) D'année en année, Touvier est davantage pris en charge par la fraction catholique qui partage en tout sa vision politique. Dès lors, on est en droit de penser que les affinités idéologiques ont largement supplanté les motifs de charité et les considérations spécifiquement religieuses »[14]

Références

  1. a et b Fichier Insee des décès en France depuis 1970.
  2. Olivier Landron, Les communautés nouvelles: nouveaux visages du catholicisme français, Editions du CERF, (ISBN 978-2-204-07305-9, lire en ligne), p. 87.
  3. a et b Paul Préaux, « Abbé Jean-François Guérin », sur le site de la Communauté Saint-Martin (consulté le )
  4. « Abbé Jean-François Guérin », sur Communauté Saint-Martin, fondée par Jean-François Guérin
  5. a et b Bruno Attuyt, « En mémoire de Mgr Guérin » [PDF], sur France catholique, (consulté le ), p. 8-9
  6. a b et c Bruno Attuyt, « Priez pour l'Abbé et ses fils », Sub Signo Martini, no 8,‎ , p. 6-8
  7. a b c d e f et g Timothée de Rauglaudre, « La revanche de l’abbé Guérin », sur le site d'information Les Jours, (consulté le )
  8. a b c d et e Mikael Corre, « Communauté Saint-Martin, l’avenir de l’Église de France ? », sur le site du quotidien La Croix, (consulté le ).
  9. Sébastien Antoni, « Transmettre à la façon de la communauté saint Martin », sur La Croix - Croire, (consulté le )
  10. Marc Aillet, « Le Pape a eu plus qu'une attitude pastorale exemplaire », sur eucharistiemisericor, (consulté le )
  11. Valentin Béchu, « Il a enquêté sur la communauté Saint-Martin, plus grande pourvoyeuse de prêtres », Ouest-France,‎ (lire en ligne, consulté le )
  12. a b et c Olivier Landron, À la droite du Christ: les catholiques traditionnels en France depuis le concile Vatican II, 1965-2015, Cerf, (ISBN 978-2-204-10383-1), p. 147
  13. a b c et d « Abbé Jean-François Guérin », sur Communauté Saint-Martin (consulté le )
  14. René Rémond (dir.), Paul Touvier et l'Église, Paris, Fayard, , 417 p. (ISBN 9782213028804), p. 301-302 ; 394-395.
  15. « Le cardinal Giuseppe Siri, archevêque de Gênes, démissionne », sur Le Monde, (consulté le )
  16. Michel Turin, Sacré business - L'incroyable marché des biens immobiliers du clergé, Groupe Robert Laffont, (ISBN 978-2-221-26581-9, lire en ligne), p. 119
  17. « Décès de Mgr Guérin, fondateur de la communauté Saint-Martin », sur Zenit (agence d'information), (consulté le )
  18. La-Croix.com, « Communauté Saint-Martin, l’avenir de l’Église de France ? », sur La Croix, (consulté le )