« Haut-Karabagh » : différence entre les versions

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Contenu supprimé Contenu ajouté
Boolette (discuter | contributions)
m inutile
Boolette (discuter | contributions)
m →‎Protohistoire : lien complet
 
(26 versions intermédiaires par 11 utilisateurs non affichées)
Ligne 3 : Ligne 3 :
|légende= Église Saint-Nersès le Grand en 2014.
|légende= Église Saint-Nersès le Grand en 2014.
}}
}}
Le '''Haut-Karabagh''' ({{lang-az|Dağlıq Qarabağ}}, {{lang-hy|Լեռնային Ղարաբաղ}}, parfois appelé '''Nagorny Karabakh''' par [[translittération]] du [[russe]] Нагорный Карабах<ref group="N">appelé aussi Artsakh (en {{lang-hy|Արցախ}}) par les [[Arméniens]]</ref>) est une région située dans le [[Transcaucasie|Caucase du Sud]], sur les contreforts de l'est et du sud-est du [[Petit Caucase]]. Il constitue – avec le [[Bas-Karabagh]] et le [[Syunik|Siounie/Zanguezour]] – la région historique et géographique du Karabagh. Son relief est principalement composé de montagnes et de forêts. Lors de sa formation, la superficie de l'[[Oblast autonome du Haut-Karabagh|oblast autonome de Nagorny Karabakh]] ([[1923]]-[[1991]]) était de 4 161 km². Selon le recensement de toute l'Union de 1926, la population de la région s'élevait à 125,3 mille personnes, dont 89,14 % étaient des Arméniens<ref>{{lien web |titre=Вып. 4 : Народность и родной язык населения СССР. |url=http://elib.shpl.ru/ru/nodes/16537-vyp-4-narodnost-i-rodnoy-yazyk-naseleniya-sssr-1928#mode/inspect/page/163/zoom/6 |site=shpl.ru |consulté le=11-10-2023}}.</ref>. Selon le point de vue azéri, le [[Karabagh]] se limite au Haut-Karabagh et constitue la [[région économique du Karabagh]].


Le '''Haut-Karabagh''' ({{lang-az|Dağlıq Qarabağ}}, {{lang-hy|Լեռնային Ղարաբաղ}}, ''Leṙnayin Ġarabaġ'' , couramment nommé '''Artsakh''' par les Arméniens<ref>{{lien web |langue=fr |auteur=Alda Engoian |titre= Géopolitique. Haut-Karabakh arménien : requiem pour une République fantôme| url=https://www.courrierinternational.com/article/geopolitique-haut-karabakh-armenien-requiem-pour-une-republique-fantome |site=courrierinternational.com |date=01/01/2024}}</ref>{{,}}<ref name="J-PhL">{{lien web |langue=fr |auteur=Jean-Philippe Lefief|titre=Haut-Karabakh : comprendre ce conflit centenaire qui embrase les relations entre l'Azerbaïdjan et l'Arménie|url=https://www.lemonde.fr/international/article/2023/09/21/haut-karabakh-comprendre-ce-conflit-centenaire-qui-embrase-les-relations-entre-azerbaidjan-et-armenie_6190359_3210.html |site=lemonde.fr |date=21-09-2023 |consulté le=17-04-2024}}</ref> , parfois appelé '''Nagorny Karabakh''' dans les médias par [[translittération]] du [[russe]] Нагорный Карабах<ref group="N">appelé aussi Artsakh (en {{lang-hy|Արցախ}}) par les [[Arméniens]]</ref>) est une région située dans le [[Transcaucasie|Caucase du Sud]], sur les contreforts de l'est et du sud-est du [[Petit Caucase]]. Il constitue – avec le [[Bas-Karabagh]] et le [[Syunik|Siounie/Zanguezour]] – la région historique et géographique du Karabagh. Son relief est principalement composé de montagnes et de forêts. Lors de sa formation, la superficie de l'[[Oblast autonome du Haut-Karabagh|oblast autonome de Nagorny Karabakh]] (1923-1991) était de 4 161 km², ce qui équivaut à la superficie de la [[Savoie (département)|Savoie]]. Selon le recensement de toute l'Union de 1926, la population de la région s'élevait à {{nb|125300 personnes}}, dont 89,14 % étaient des Arméniens<ref>{{lien web |titre=Вып. 4 : Народность и родной язык населения СССР. |url=http://elib.shpl.ru/ru/nodes/16537-vyp-4-narodnost-i-rodnoy-yazyk-naseleniya-sssr-1928#mode/inspect/page/163/zoom/6 |site=shpl.ru |consulté le=11-10-2023}}.</ref>. Le tiers d’entre eux environ vivait à [[Khankendi|Stepanakert]], la capitale.
L'histoire du Haut-Karabagh commence après la [[Première Guerre mondiale]]. L'[[Empire russe]] se désintègre en novembre 1917 et les [[Bolcheviks]] prennent le pouvoir. L'[[Arménie]], l'[[Azerbaïdjan]] et la [[Géorgie (pays)|Géorgie]] déclarent leur indépendance. Des combats commencent entre les républiques d'Arménie et d'Azerbaïdjan dans trois régions spécifiques : le [[Nakhitchevan]], le [[Syunik]] et le Haut-Karabagh. En 1923, l'oblast autonome du Haut-Karabagh a été créée à partir de la partie du Haut-Karabagh majoritairement habitée par des Arméniens. À l'extérieur de l'oblast, il restait des parties du Haut-Karabagh principalement peuplées d'Azerbaïdjanais, ainsi que dans le le nord de la région (district de Shaumyansky de la [[République socialiste soviétique d'Azerbaïdjan|RSS d'Azerbaïdjan]]) avec une population majoritairement arménienne.


Selon le point de vue azéri, le [[Karabagh]] se limite au Haut-Karabagh et constitue la [[région économique du Karabagh]].
Pendant la [[première guerre du Haut-Karabagh]] (1992-1994), la région est passée ''de facto'' sous le contrôle de la [[République du Haut-Karabagh]], entité non reconnue par la [[communauté internationale]], cette dernière reconnaissant la région comme faisant partie de la République d'Azerbaïdjan. Pendant la [[seconde guerre du Haut-Karabagh]] (septembre-novembre 2020), l'Azerbaïdjan a repris le contrôle des régions de Fizuli, Jebrail, Zangelan et Kubatli, ainsi que d'une partie importante du territoire de l'ancien Okrug autonome du Haut-Karabagh (y compris les villes de Shusha et Hadrut). Selon la déclaration de cessez-le-feu du 10 novembre 2020, l'Azerbaïdjan a également pris le contrôle des régions d'Aghdam, Kelbajar et Lachin (à l'exception du corridor de Lachin reliant le Haut-Karabagh à l'Arménie).


Le problème contemporain du Haut-Karabagh commence après la [[Première Guerre mondiale]]. L'[[Empire russe]] se désintègre en novembre 1917 et les [[Bolcheviks]] prennent le pouvoir. L'[[Arménie]], l'[[Azerbaïdjan]] et la [[Géorgie (pays)|Géorgie]] déclarent leur indépendance. Des combats commencent entre les républiques d'Arménie et d'Azerbaïdjan dans trois régions spécifiques : le [[Nakhitchevan]], le [[Syunik]] et le Haut-Karabagh. Un an après sa « soviétisation », Staline tranche le contentieux en rattachant la région à l'Azerbaïdjan, malgré sa population arménienne. Toutefois, en 1923 est créé l'oblast (Région) autonome du Haut-Karabagh à partir de la partie du Haut-Karabagh majoritairement habitée par des Arméniens, ce qui lui confère une relative autonomie. Ce statut reste inchangé pendant soixante-cinq ans. Mais il reste à l'extérieur de l'oblast, des parties du Haut-Karabagh dont les unes sont principalement peuplées d'Azerbaïdjanais, tandis que les autres, dans le nord de la région (district de Shaumyansky de la [[république socialiste soviétique d'Azerbaïdjan]]) ont une population majoritairement arménienne.
Le 19 septembre [[2023]], après plusieurs mois de blocus, l'Azerbaïdjan a lancé [[Guerre de 2023 au Haut-Karabagh|une nouvelle offensive militaire majeure]]. Les forces de l'Artsakh se sont rapidement effondrées, entraînant une victoire azerbaïdjanaise, la dissolution de la République d’Artsakh, l’exode de la quasi-totalité de la population arménienne de la région, et l’entrée des forces de sécurité azerbaïdjanaises dans l'ancienne capitale, [[Stepanakert]]<ref>{{lien web |langue=en |auteur=FRANCE 24 |titre=Azerbaijan launches Karabakh operation, urges Armenian separatists to surrender |url=https://www.france24.com/en/asia-pacific/20230919-azerbaijan-says-it-has-begun-anti-terrorist-operations-in-nagorno-karabakh |site=france24.com |date=19-09-2023 |consulté le=11-10-2023}}.</ref>.

C'est entre l'Arménie, très attachée à ce qu'elle considère comme une partie de son berceau national, et l'Azerbaïdjan, État territorialement morcelé pour lequel cette région constitue une enclave problématique (voir carte) et qui prétend également à des liens culturels anciens, que se noue ce durable casse-tête ethnoterritorial. La diplomatie internationale échoue à résoudre ce conflit depuis un quart de siècle.


== Histoire ==
== Histoire ==
Ligne 16 : Ligne 17 :


=== Protohistoire ===
=== Protohistoire ===
Au [[bronze ancien]], la région du Haut-Karabagh actuel est comprise dans la sphère d'influence de la [[culture Kouro-Araxe]]. La [[culture Khodjali-Gədəbəy]] date quant à elle de l'âge du [[bronze final]] ({{s-|XIII|e}} - {{s-|VII|e}} avant notre ère). Des découvertes ont été faites concernant cette culture dans le village de [[Khodjali]] en 1895.
Au [[bronze ancien]], la région du Haut-Karabagh actuel est comprise dans la sphère d'influence de la [[culture Kouro-Araxe]]. La [[culture Khodjali-Gədəbəy]] date quant à elle de l'[[âge du bronze final]] ({{s-|XIII}} - {{s-|VII}} avant notre ère). Des découvertes ont été faites concernant cette culture dans le village de [[Khodjali]] en 1895.


=== Antiquité ===
=== Antiquité ===
{{Article connexe|Royaume d'Arménie|Albanie du Caucase}}
{{Article connexe|Royaume d'Arménie|Albanie du Caucase}}
La région est intégrée au plus tard au {{s-|VIII}} à l'[[Urartu]]{{sfn|Donabédian|Mutafian|2010|p=273 et 278}}.


La région est intégrée au plus tard au {{-s-|VIII}} à l'[[Urartu]]{{sfn|Donabédian|Mutafian|2010|p=273 et 278}}.
Sa population originelle, constituée d'[[Langues caucasiennes|autochtones caucasiens]] et de tribus nomades [[Langues indo-européennes|indo-européennes]]{{sfn|Hewsen|1982|p=27-40}} parmi lesquelles un élément [[Arméniens|arménien]]{{sfn|Dédéyan|2007|p=115}}, est intégrée au [[royaume d'Arménie]], soit à l'époque [[Orontides|orontide]] au {{-s-|IV}}{{sfn|Hewsen|1982|p=32–33}}, soit à l'époque [[Artaxiades|artaxiade]] au {{-s-|II}}{{sfn|Hewsen|1982|p=27-40}}. Au sein de ce royaume, la région est incluse dans la [[Régions historiques de l'Arménie|province historique]] d'Artsakh{{sfn|Dédéyan|2007|p=43}}. La ville de [[Tigranakert (Artsakh)|Tigranakert]] y est fondée à l'époque artaxiade{{sfn|Hewsen ''Atlas'' 2001|p=73}}.

Sa population originelle, constituée d'[[Langues caucasiennes|autochtones caucasiens]] et de tribus nomades [[Langues indo-européennes|indo-européennes]]{{sfn|Hewsen|1982|p=27-40}} parmi lesquelles un élément [[Arméniens|arménien]]{{sfn|Dédéyan|2007|p=115}}, est intégrée au [[royaume d'Arménie]], soit à l'époque [[Orontides|orontide]] au {{-s-|IV}}{{sfn|Hewsen|1982|p=32–33}}, soit à l'époque [[Artaxiades|artaxiade]] au {{-s-|II}}{{sfn|Hewsen|1982|p=27-40}}. Au sein de ce royaume, la région est incluse dans la [[Régions historiques de l'Arménie|province historique]] d'Artsakh{{sfn|Dédéyan |2007|p=43}}. La ville de [[Tigranakert (Artsakh)|Tigranakert]] y est fondée à l'époque artaxiade{{sfn|Hewsen ''Atlas'' 2001|p=73}}.

[[Fichier:Amaras-vank.jpg|vignette|Monastère d'Amaras.]]
[[Fichier:Amaras-vank.jpg|vignette|Monastère d'Amaras.]]


En 387, l'[[Empire romain]] et l'[[Sassanides|Empire néo-perse]] concluent un traité de paix qui attribue au premier l'Arménie occidentale (actuellement turque) et au second l'Arménie orientale. Dans ce cadre, l'Artsakh et l'[[Outik]] sont intégrés à l'[[Albanie du Caucase]], alliée des Sassanides<ref name="Chaumont">{{iranica|auteur=Marie-Louise Chaumont|url=articles/albania-iranian-aran-arm|article=Albania|date=16 décembre 2011}}.</ref>, bien qu'il soit possible que l'Artsakh n'ait été rattaché à l'Albanie du Caucase qu'après 451{{sfn|Dédéyan|2007|p=178}}. À la même époque, le processus d'arménisation s'achève, l'élément non arménien n'étant désormais plus identifiable<ref>{{en}} Peter Rutland, « Democracy and Nationalism in Armenia », dans ''Europe-Asia Studies'', vol. 46, {{numéro|5}} (1994), {{p.}}841.</ref>. En parallèle, la région voit le [[christianisme]] s'y répandre sous l'action de l'[[Église apostolique arménienne]] et en particulier de [[Mesrop Machtots]], qui ouvre ainsi à [[Amaras]] la première école arménienne<ref>{{en}} Frank Viviano, « The Rebirth of Armenia », dans ''[[National Geographic]]'', mars 2004.</ref>.
En 387, l'[[Empire romain]] et l'[[Sassanides|Empire néo-perse]] concluent un traité de paix qui attribue au premier l'Arménie occidentale (actuellement turque) et au second l'Arménie orientale. Dans ce cadre, l'Artsakh et l'[[Outik]] sont intégrés à l'[[Albanie du Caucase]], alliée des Sassanides<ref name="Chaumont">{{iranica|auteur=Marie-Louise Chaumont|url=articles/albania-iranian-aran-arm |article=Albania |date=16 décembre 2011}}.</ref>, bien qu'il soit possible que l'Artsakh n'ait été rattaché à l'Albanie du Caucase qu'après 451{{sfn|Dédéyan|2007|p=178}}. À la même époque, le processus d'arménisation s'achève, l'élément non arménien n'étant désormais plus identifiable<ref>{{en}} Peter Rutland, « Democracy and Nationalism in Armenia », dans ''Europe-Asia Studies'', vol. 46, {{numéro|5}} (1994), {{p.}}841.</ref>. En parallèle, la région voit le [[christianisme]] s'y répandre sous l'action de l'[[Église apostolique arménienne]] et en particulier de [[Mesrop Machtots]], qui ouvre ainsi à [[Amaras]] la première école arménienne<ref>{{en}} Frank Viviano, « The Rebirth of Armenia », dans ''[[National Geographic]]'', mars 2004.</ref>.


En 451, à la suite de la [[bataille d'Avarayr]], de nombreux nobles arméniens se retirent dans les montagnes et forêts peu accessibles, notamment en Artsakh, qui devient un centre de résistance contre la Perse<ref>[[Yéghichê]], ''Histoire de Vartan et de la guerre des Arméniens'', chapitre VII {{Lire en ligne |lien=http://remacle.org/bloodwolf/historiens/elisee/vartan.htm |consulté le=18 janvier 2009}}.</ref>.
En 451, à la suite de la [[bataille d'Avarayr]], de nombreux nobles arméniens se retirent dans les montagnes et forêts peu accessibles, notamment en Artsakh, qui devient un centre de résistance contre la Perse<ref>[[Yéghichê]], ''Histoire de Vartan et de la guerre des Arméniens'', chapitre VII {{Lire en ligne |lien=http://remacle.org/bloodwolf/historiens/elisee/vartan.htm |consulté le=18 janvier 2009}}.</ref>.
Ligne 31 : Ligne 34 :
=== Moyen Âge ===
=== Moyen Âge ===
{{Article connexe|Khatchen}}
{{Article connexe|Khatchen}}

Du {{sp-|VII|au|IX}}, la [[Transcaucasie]] est dominée par le [[califat]] ; les princes d'Artsakh sont au {{s-|VII}} sous l'influence des [[Siouni|souverains de Siounie]]{{sfn|Dédéyan|2007|p=221}}. Au début du {{s-|IX}}, deux princes arméniens {{incise|[[Sahl Smbatean]] et [[Esayi Abu-Muse]]}} se révoltent toutefois contre les [[Arabes]] et établissent deux principautés indépendantes en Artsakh, le [[Khatchen]] et le [[Dizak]] ; la lignée de Khatchen gouverne l'Artsakh jusqu'au {{s-|XIX}} et au rattachement de la région à l'[[Empire russe]]{{sfn|Hewsen ''Atlas'' 2001|p=119, 155, 163, 264–65}}. Les deux principautés deviennent des royaumes à la fin du {{s-|X}}{{sfn|Donabédian|Mutafian|2010|p=275 et 279}}. Le [[Khatchen]] est ensuite partagé entre les quatre fils de [[Maison de Hasan-Jalalyan|{{souverain-|Hasan Ier}} le Grand]]{{note|groupe=N|Mort en 1201.}} à son abdication en [[1182]]{{sfn|Dédéyan|2007|p=415}}. Les princes arméniens bénéficient de la bienveillance relative des [[empire mongol|Mongols]], avant d'être dépossédés de leurs terres puis d'être restaurés par la dynastie des [[Qara Qoyunlu]] sous [[Jihan Shah]] après [[1441]]{{sfn|Dédéyan|2007|p=415}}, avec le titre de {{citation|[[Mélikats du Karabagh|mélik]]}}{{sfn|Dédéyan|2007|p=416}}.
Du {{sp-|VII|au|IX}}, la [[Transcaucasie]] est dominée par le [[califat]] ; les princes d'Artsakh sont au {{s-|VII}} sous l'influence des [[Siouni|souverains de Siounie]]{{sfn|Dédéyan|2007|p=221}}. Au début du {{s-|IX}}, deux princes arméniens {{incise|[[Sahl Smbatean]] et [[Esayi Abu-Muse]]}} se révoltent toutefois contre les [[Arabes]] et établissent deux principautés indépendantes en Artsakh, le [[Khatchen]] et le [[Dizak]] ; la lignée de Khatchen gouverne l'Artsakh jusqu'au {{s-|XIX}} et au rattachement de la région à l'[[Empire russe]]{{sfn|Hewsen ''Atlas'' 2001|p=119, 155, 163, 264–65}}. Les deux principautés deviennent des royaumes à la fin du {{s-|X}}{{sfn|Donabédian|Mutafian|2010|p=275 et 279}}. Le [[Khatchen]] est ensuite partagé entre les quatre fils de [[Maison de Hasan-Jalalyan|{{souverain-|Hasan Ier}} le Grand]]{{note|groupe=N|Mort en 1201.}} à son abdication en [[1182]]{{sfn|Dédéyan|2007|p=415}}. Les princes arméniens bénéficient de la bienveillance relative des [[empire mongol |Mongols]], avant d'être dépossédés de leurs terres puis d'être restaurés par la dynastie des [[Qara Qoyunlu]] sous [[Jihan Shah]] après [[1441]]{{sfn|Dédéyan|2007|p=415}}, avec le titre de {{citation|[[Mélikats du Karabagh|mélik]]}}{{sfn|Dédéyan|2007|p=416}}.


=== Époque perse ===
=== Époque perse ===
{{Article détaillé|Mélikats du Karabagh|Khanat du Karabagh}}
{{Article détaillé|Mélikats du Karabagh|Khanat du Karabagh}}
Les mélikats sont ensuite incorporés à la [[Séfévides|Perse séfévide]] ; {{souverain2|Abbas Ier le Grand}} reconnaît par ailleurs leur autonomie{{sfn|Dédéyan|2007|p=417}}. À la suite de l’effondrement de la dynastie séfévide et de l'intervention [[Empire ottoman|ottomane]] dans l’Est de la [[Transcaucasie]], les mélikats jouissent après l’insurrection de [[David Bek]] d'une courte période d'indépendance entre 1722 et 1730{{sfn|Dédéyan|2007|p=460}}.


Les mélikats sont ensuite incorporés à la [[Séfévides|Perse séfévide]] ; {{souverain2|Abbas Ier le Grand}} reconnaît par ailleurs leur autonomie{{sfn|Dédéyan|2007|p=417}}. À la suite de l’effondrement de la dynastie séfévide et de l'intervention [[Empire ottoman|ottomane]] dans l'Est de la [[Transcaucasie]], les mélikats jouissent après l'insurrection de [[David Bek]] d'une courte période d'indépendance entre 1722 et 1730{{sfn|Dédéyan|2007|p=460}}.
[[Nader Chah]] confirme ensuite lui aussi l'autonomie de la région<ref>{{en}} Richard G. Hovannisian (dir.), ''Armenian People from Ancient to Modern Times'', vol. II : ''Foreign Dominion to Statehood: the Fifteenth Century to the Twentieth Century'', [[Palgrave Macmillan]], New York, 1997 (réimpr. 2004) {{ISBN|978-1403964229}}, {{p.}}89.</ref> dans le cadre du [[khanat du Karabagh]]{{sfn|Constant|2002|p=157}}. En 1747, {{Lien|langue=en|trad=|fr=Panah Ali Khan|texte=Panah-Ali Khan Javanshir}}, un chef de clan [[Oghouzes|turcoman]], met cependant à profit l'assassinat de Nâdir Châh, qu'il a servi comme officier, et la succession sanglante qui suit pour se faire reconnaître khan du Karabagh par [[Adel Chah]]. Il rejette la suzeraineté iranienne en 1748<ref>{{en}} Richard Tapper, ''Frontier nomads of Iran: A political and social history of the Shahsevan'', Cambridge University Press, 1997 {{ISBN|0521583365}}, {{p.}}114-115.</ref>. Son fils {{Lien|langue=en|trad=Ibrahim Khalil Khan}} met fin à l'autonomie des derniers [[Mélikats du Karabagh|mélikats]] qui ne reconnaissaient pas encore son autorité. La région est cependant reprise en main par l'Iran d'[[Agha Mohammad Chah]]{{sfn|Constant|2002|p=170}}.

[[Nader Chah]] confirme ensuite lui aussi l'autonomie de la région<ref>{{en}} Richard G. Hovannisian (dir.), ''Armenian People from Ancient to Modern Times'', vol. II : ''Foreign Dominion to Statehood: the Fifteenth Century to the Twentieth Century'', [[Palgrave Macmillan]], New York, 1997 (réimpr. 2004) {{ISBN|978-1403964229}}, {{p.}}89.</ref> dans le cadre du [[khanat du Karabagh]]{{sfn|Constant |2002 |p=157}}. En 1747, {{Lien|langue=en|trad=|fr=Panah Ali Khan|texte=Panah-Ali Khan Javanshir}}, un chef de clan [[Oghouzes|turcoman]], met cependant à profit l'assassinat de Nâdir Châh, qu'il a servi comme officier, et la succession sanglante qui suit pour se faire reconnaître khan du Karabagh par [[Adel Chah]]. Il rejette la suzeraineté iranienne en 1748<ref>{{en}} Richard Tapper, ''Frontier nomads of Iran: A political and social history of the Shahsevan'', Cambridge University Press, 1997 {{ISBN|0521583365}}, {{p.}}114-115.</ref>. Son fils {{Lien|langue=en|trad=Ibrahim Khalil Khan}} met fin à l'autonomie des derniers [[Mélikats du Karabagh|mélikats]] qui ne reconnaissaient pas encore son autorité. La région est cependant reprise en main par l'Iran d'[[Agha Mohammad Chah]]{{sfn|Constant|2002|p=170}}.


Le khanat est temporairement occupé par les [[Empire russe|Russes]] lors de l'[[expédition russe en Perse de 1796]]{{sfn|Constant|2002|p=172}} avant d'être repris par les Iraniens{{sfn|Constant|2002|p=174}} : à cette occasion, Agha Mohammad Chah est assassiné quelques jours après son entrée à la capitale du Khanat<ref>{{Ouvrage|langue=français|auteur1=Yves Bomati, Houchang Nahavandi|titre=''Les grandes figures de l'Iran''|lieu=Paris|éditeur=Perrin|année=2015|pages totales= |isbn=978-2-262-04732-0|lire en ligne=|passage=chap. « Agha Mohammad Shah »}}</ref>.
Le khanat est temporairement occupé par les [[Empire russe|Russes]] lors de l'[[expédition russe en Perse de 1796]]{{sfn|Constant|2002|p=172}} avant d'être repris par les Iraniens{{sfn|Constant|2002|p=174}} : à cette occasion, Agha Mohammad Chah est assassiné quelques jours après son entrée à la capitale du Khanat<ref>{{Ouvrage|langue=français|auteur1=Yves Bomati, Houchang Nahavandi|titre=''Les grandes figures de l'Iran''|lieu=Paris|éditeur=Perrin|année=2015|isbn=978-2-262-04732-0|lire en ligne=|passage=chap. « Agha Mohammad Shah »}}</ref>.


=== Époque russe ===
=== Époque russe ===
{{Article connexe|Arménie russe|Gouvernement d'Elisavetpol}}
{{Article connexe|Arménie russe|Gouvernement d'Elisavetpol}}

[[Fichier:Shusha 1920.jpg|vignette|Chouchi (en 1920) après le massacre (1905) de sa population arménienne.]]
[[Fichier:Shusha 1920.jpg|vignette|Chouchi (en 1920) après le massacre (1905) de sa population arménienne.]]

L'[[Empire russe]] annexe la région en [[1805]], lors de la [[guerre russo-persane de 1804-1813]] ; l'annexion est confirmée par le [[traité de Golestan]], signé le {{date|12|octobre|1813}}{{sfn|Dédéyan|2007|p=482}}. Elle est intégrée en 1868 au [[gouvernement d'Elisavetpol]]{{sfn|Ter Minassian|p=130}}.
L'[[Empire russe]] annexe la région en [[1805]], lors de la [[guerre russo-persane de 1804-1813]] ; l'annexion est confirmée par le [[traité de Golestan]], signé le {{date|12|octobre|1813}}{{sfn|Dédéyan|2007|p=482}}. Elle est intégrée en 1868 au [[gouvernement d'Elisavetpol]]{{sfn|Ter Minassian|p=130}}.


Ligne 50 : Ligne 57 :
=== République arménienne de la montagne ===
=== République arménienne de la montagne ===
{{Article détaillé|République arménienne de la montagne}}
{{Article détaillé|République arménienne de la montagne}}

Une brève [[République arménienne de la montagne]] (1918-1921) préfigure alors l'actuel Haut-Karabagh.
Une brève [[République arménienne de la montagne]] (1918-1921) préfigure alors l'actuel Haut-Karabagh.


=== Époque soviétique ===
=== Époque soviétique ===
{{Article détaillé|Oblast autonome du Haut-Karabagh}}
{{Article détaillé|Oblast autonome du Haut-Karabagh}}

L'Azerbaïdjan est soviétisé en avril 1920{{sfn|Ter Minassian|p=199}}, et les forces arméniennes doivent se retirer de la région en mai{{sfn|Ter Minassian|p=203}}. Les [[bolcheviks]] prennent ensuite le pouvoir en Arménie en novembre 1920 et créent la [[république socialiste soviétique d'Arménie]]{{sfn|Ter Minassian|p=226-229}}. En présence de [[Joseph Staline]], le bureau caucasien du Comité central du parti bolchevik, auparavant favorable à l'Arménie, décide le rattachement du Haut-Karabagh à la [[république socialiste soviétique d'Azerbaïdjan]] le {{date|4 juillet 1921}}{{sfn|Ter Minassian|p=261}}. À cette époque, le territoire est peuplé à 94 % d'Arméniens{{sfn|Ter Minassian|p=260}}. En 1923 est constitué l'[[oblast autonome du Haut-Karabagh]], séparé de l'Arménie par un {{lequel|{{citation|couloir azéri}}}} pourtant peuplé d'Arméniens{{sfn|Ter Minassian|p=261}}.
L'Azerbaïdjan est soviétisé en avril 1920{{sfn|Ter Minassian|p=199}}, et les forces arméniennes doivent se retirer de la région en mai{{sfn|Ter Minassian|p=203}}. Les [[bolcheviks]] prennent ensuite le pouvoir en Arménie en novembre 1920 et créent la [[république socialiste soviétique d'Arménie]]{{sfn|Ter Minassian|p=226-229}}. En présence de [[Joseph Staline]], le bureau caucasien du Comité central du parti bolchevik, auparavant favorable à l'Arménie, décide le rattachement du Haut-Karabagh à la [[république socialiste soviétique d'Azerbaïdjan]] le {{date|4 juillet 1921}}{{sfn|Ter Minassian|p=261}}. À cette époque, le territoire est peuplé à 94 % d'Arméniens{{sfn|Ter Minassian|p=260}}. En 1923 est constitué l'[[oblast autonome du Haut-Karabagh]], séparé de l'Arménie par un {{lequel|{{citation|couloir azéri}}}} pourtant peuplé d'Arméniens{{sfn|Ter Minassian|p=261}}.


Pendant soixante-cinq ans, la situation n'évolue plus jusqu'en 1988 où, profitant de la ''[[perestroïka]]'', la région autonome s'autoproclame le {{date|20 février 1988}} comme [[république socialiste soviétique]] à part entière, à égalité avec l'Arménie et l'Azerbaïdjan{{sfn|Dédéyan|2007|p=651}}. D'après le recensement de 1989, sur une population de {{nb|189000 habitants}}, il y avait alors dans le pays {{nb|145500 Arméniens}} et {{nb|41000 [[Azéris]]}}{{sfn|Dédéyan|2007|p=666}}. Le {{date|15 juin 1988}}, l'Azerbaïdjan revendique auprès de [[Mikhaïl Gorbatchev]] la réintégration du Haut-Karabagh à son territoire. Des violences éclatent la même année en Azerbaïdjan comme en Arménie. Des [[Pogrom de Soumgaït|pogroms anti-arméniens]] font plusieurs centaines de victimes à [[Sumqayıt]] près de [[Bakou]]{{sfn|Dédéyan|2007|p=652}} puis en 1990 à Bakou même.
Pendant soixante-cinq ans, la situation n'évolue plus jusqu'en 1988 où, profitant de la ''[[perestroïka]]'', la région autonome s'autoproclame le {{date|20 février 1988}} comme [[république socialiste soviétique]] à part entière, à égalité avec l'Arménie et l'Azerbaïdjan{{sfn|Dédéyan|2007|p=651}}. D'après le recensement de 1989, sur une population de {{nb|189000 habitants}}, il y avait alors dans le pays {{nb|145500 Arméniens}} et {{nb|41000 [[Azéris]]}}{{sfn|Dédéyan|2007|p=666}}. Le {{date|15 juin 1988}}, l'Azerbaïdjan revendique auprès de [[Mikhaïl Gorbatchev]] la réintégration du Haut-Karabagh à son territoire. Des violences éclatent la même année en Azerbaïdjan comme en Arménie. Des [[Pogrom de Soumgaït|pogroms anti-arméniens]] font plusieurs centaines de victimes à [[Sumqayıt]] près de [[Bakou]]{{sfn|Dédéyan|2007|p=652}} puis en 1990 à Bakou même. Il en résulte un conflit armé qui se traduit par plusieurs dizaines de milliers de morts et de disparus et des centaines de milliers de personnes déplacées.


=== République du Haut-Karabagh ===
=== Époque post-soviétique ===
Entre-temps, l'[[Dislocation de l'URSS|URSS s'effondre]]. L'Arménie et l'Azerbaïdjan proclament leur indépendance à l'été 1991, et le Karabakh la sienne le 2 septembre 1991. Celle-ci n'est pas reconnue par la [[communauté internationale]], l'Arménie ne l'ayant pas soutenue, bien qu'elle maintienne son appui politique, économique et militaire à la [[République du Haut-Karabagh]]<ref name ="DFMPS">{{lien web |langue=fr |auteur=Eric Dedier, Francesca Fattori, Isabelle Mandraud, Delphine Papin et Victor Simonnet|titre=Haut-Karabakh, le réveil d'un vieux conflit |url=https://www.lemonde.fr/international/article/2020/10/15/haut-karabakh-le-reveil-d-un-vieux-conflit_6056176_3210.html |site=lemonde.fr |date=15/10/2020 |consulté le=17/04/2024}}</ref>{{,}}<ref name="J-PhL" />
{{Article détaillé|République du Haut-Karabagh}}


Pendant la [[première guerre du Haut-Karabagh]] (1992-1994), la région est passée ''de facto'' sous le contrôle de l'Arménie, l'Azerbaïdjan a perdu 13 % de son territoire, que plusieurs centaines de milliers d'habitants ont dû fuir.
== Géographie ==


Pendant la [[seconde guerre du Haut-Karabagh]] (septembre-novembre 2020), l'Azerbaïdjan, avec l'appui logistique de la Turquie (drones, chasseurs F16), a repris le contrôle des régions de Fizuli, Jebrail, Zangelan et Kubatli, ainsi que d'une partie importante du territoire de l'ancien Oblast autonome du Haut-Karabagh (y compris les villes de Shusha et Hadrut). L'alliance de principe de la Russie n'a guère servi l'Arménie : la région, à la marge sud de la Russie est traversée par les oléoducs qui desservent le centre producteur azerbaïdjanais de pétrole de Bakou. Cela pose un problème géostratégique trop délicat pour que Moscou s'engage, au risque d'une rupture avec l'Azerbaïdjan et son allié turc<ref name="DFMPS" />. Il lui est plus profitable de jouer la carte de l'affaiblissement des deux protagonistes afin de maintenir aisément sa présence militaire dans la région<ref>{{lien web |langue=fr |titre=Guerre totale en Azerbaïdjan Après l'échec de toutes les médiations, Bakou a lancé une contre-offensive dans le conflit du Haut-Karabakh, dont Moscou tente toujours de garder les clés |url=https://www.lemonde.fr/archives/article/1994/02/01/guerre-totale-en-azerbaidjan-apres-l-echec-de-toutes-les-mediations-bakou-a-lance-une-contre-offensive-dans-le-conflit-du-haut-karabakh-dont-moscou-tente-toujours-de-garder-les-cle_3797031_1819218.html | site=lemonde.fr |date=01/02/1994}}</ref>. Selon la déclaration de cessez-le-feu du 10 novembre 2020, l'Azerbaïdjan a également pris le contrôle des régions d'Aghdam, Kelbajar et Latchine (à l'exception du corridor de Latchine, unique voie reliant le Haut-Karabagh à l'Arménie).

Le 19 septembre 2023, après plusieurs mois de blocus, l'Azerbaïdjan a lancé une [[Guerre de 2023 au Haut-Karabagh|nouvelle offensive militaire majeure]]. Les forces de l'Artsakh (Haut-Karabagh) se sont rapidement effondrées, entraînant une victoire azerbaïdjanaise, la dissolution de la République d'Artsakh, l'exode de la quasi-totalité de la population arménienne de la région, et l'entrée des forces de sécurité azerbaïdjanaises dans la capitale, [[Stepanakert]]<ref>{{lien web |langue=en |auteur=FRANCE 24 |titre=Azerbaijan launches Karabakh operation, urges Armenian separatists to surrender |url=https://www.france24.com/en/asia-pacific/20230919-azerbaijan-says-it-has-begun-anti-terrorist-operations-in-nagorno-karabakh |site=france24.com |date=19-09-2023 |consulté le=11-10-2023}}.</ref>.

== Géographie ==
=== Géographie physique ===
=== Géographie physique ===
==== Orographie ====
==== Orographie ====
Ligne 71 : Ligne 85 :


==== Climat ====
==== Climat ====
À la différence de la république d'Arménie, la région connaît un climat plus [[Climat tempéré|tempéré]]. Située globalement à moins de {{nobr|800 mètres}} d'altitude, les étés sont certes chauds, mais les hivers sont bien moins froids qu'en Arménie. En hiver, les températures moyennes minimales sont en dessous de {{unité|0 °C}}, mais les températures moyennes maximales sont positives. La pluviométrie moyenne annuelle est assez uniformément répartie.
À la différence de la république d'Arménie, la région connaît un climat plus [[Climat tempéré|tempéré]]. Située globalement à moins de {{unité|800 mètres}} d'altitude, les étés sont certes chauds, mais les hivers sont bien moins froids qu'en Arménie. En hiver, les températures moyennes minimales sont en dessous de {{tmp|0|°C}}, mais les températures moyennes maximales sont positives. La [[pluviométrie]] moyenne annuelle est assez uniformément répartie.

=== Démographie ===
{{article détaillé|Démographie du Haut-Karabagh}}
{{...}}


== Notes et références ==
== Notes et références ==
Ligne 86 : Ligne 96 :
{{crédit d'auteurs|interne|République du Haut-Karabagh}}
{{crédit d'auteurs|interne|République du Haut-Karabagh}}


== Bibliographie ==
== Voir aussi ==
=== Articles connexes ===
* [[Démographie du Haut-Karabagh]]
* [[République du Haut-Karabagh]]

=== Bibliographie ===
* {{Ouvrage |auteur1=Patrick Donabédian |auteur2=[[Claude Mutafian]] |préface=[[Gérard Chaliand]] |titre=Artsakh, Histoire du Karabagh |lieu=Paris |éditeur=Sevig Press |année=1991}}
* {{Ouvrage |auteur1=Patrick Donabédian |auteur2=[[Claude Mutafian]] |préface=[[Gérard Chaliand]] |titre=Artsakh, Histoire du Karabagh |lieu=Paris |éditeur=Sevig Press |année=1991}}
* {{Ouvrage|langue=en|auteur1={{Lien|langue=en|trad=Thomas de Waal|fr=Thomas de Waal}}|titre=Black Garden|sous-titre=Armenia and Azerbaijan Through Peace and War|lieu=[[New York]]|éditeur=[[New York University Press]]|date=2003|pages totales=337|isbn=0-8147-1944-9|isbn2=978-0-8147-1944-2|isbn3=0-8147-1945-7|oclc=50959080}}
* {{Ouvrage|langue=en|auteur1={{Lien|langue=en|trad=Thomas de Waal|fr=Thomas de Waal}}|titre=Black Garden|sous-titre=Armenia and Azerbaijan Through Peace and War|lieu=[[New York]]|éditeur=[[New York University Press]]|date=2003|pages totales=337|isbn=0-8147-1944-9|isbn2=978-0-8147-1944-2|isbn3=0-8147-1945-7|oclc=50959080}}

=== Liens externes ===
* [https://www.arte.tv/fr/videos/116044-013-A/haut-karabakh-azerbaidjan-les-origines-du-conflit/ Haut Karabakh - Azerbaïdjan : les origines du conflit - Temps forts 2023 - Le Dessous des cartes (12/01/2024) - Regarder le documentaire complet | ARTE]


{{Portail|Haut-Karabagh|Arménie|Azerbaïdjan|géographie|Espace post-soviétique}}
{{Portail|Haut-Karabagh|Arménie|Azerbaïdjan|géographie|Espace post-soviétique}}

Dernière version du 30 avril 2024 à 08:47

Haut-Karabagh
Église Saint-Nersès le Grand en 2014.
Nom officiel
(az) Dağlıq QarabağVoir et modifier les données sur Wikidata
Noms locaux
(hy) Լեռնային Ղարաբաղ, (az) Dağlıq QarabağVoir et modifier les données sur Wikidata
Géographie
Pays
Partie de
Superficie
4 402,98 km2Voir et modifier les données sur Wikidata
Géographie
Géographie du Haut-Karabagh (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Coordonnées
Démographie
Population
148 000 hab. ()Voir et modifier les données sur Wikidata
Densité
33,6 hab./km2 ()
Fonctionnement
Économie
Économie du Haut-Karabagh (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Carte

Le Haut-Karabagh (azéri : Dağlıq Qarabağ, arménien : Լեռնային Ղարաբաղ, Leṙnayin Ġarabaġ , couramment nommé Artsakh par les Arméniens[1],[2] , parfois appelé Nagorny Karabakh dans les médias par translittération du russe Нагорный Карабах[N 1]) est une région située dans le Caucase du Sud, sur les contreforts de l'est et du sud-est du Petit Caucase. Il constitue – avec le Bas-Karabagh et le Siounie/Zanguezour – la région historique et géographique du Karabagh. Son relief est principalement composé de montagnes et de forêts. Lors de sa formation, la superficie de l'oblast autonome de Nagorny Karabakh (1923-1991) était de 4 161 km², ce qui équivaut à la superficie de la Savoie. Selon le recensement de toute l'Union de 1926, la population de la région s'élevait à 125 300 personnes, dont 89,14 % étaient des Arméniens[3]. Le tiers d’entre eux environ vivait à Stepanakert, la capitale.

Selon le point de vue azéri, le Karabagh se limite au Haut-Karabagh et constitue la région économique du Karabagh.

Le problème contemporain du Haut-Karabagh commence après la Première Guerre mondiale. L'Empire russe se désintègre en novembre 1917 et les Bolcheviks prennent le pouvoir. L'Arménie, l'Azerbaïdjan et la Géorgie déclarent leur indépendance. Des combats commencent entre les républiques d'Arménie et d'Azerbaïdjan dans trois régions spécifiques : le Nakhitchevan, le Syunik et le Haut-Karabagh. Un an après sa « soviétisation », Staline tranche le contentieux en rattachant la région à l'Azerbaïdjan, malgré sa population arménienne. Toutefois, en 1923 est créé l'oblast (Région) autonome du Haut-Karabagh à partir de la partie du Haut-Karabagh majoritairement habitée par des Arméniens, ce qui lui confère une relative autonomie. Ce statut reste inchangé pendant soixante-cinq ans. Mais il reste à l'extérieur de l'oblast, des parties du Haut-Karabagh dont les unes sont principalement peuplées d'Azerbaïdjanais, tandis que les autres, dans le nord de la région (district de Shaumyansky de la république socialiste soviétique d'Azerbaïdjan) ont une population majoritairement arménienne.

C'est entre l'Arménie, très attachée à ce qu'elle considère comme une partie de son berceau national, et l'Azerbaïdjan, État territorialement morcelé pour lequel cette région constitue une enclave problématique (voir carte) et qui prétend également à des liens culturels anciens, que se noue ce durable casse-tête ethnoterritorial. La diplomatie internationale échoue à résoudre ce conflit depuis un quart de siècle.

Histoire[modifier | modifier le code]

Préhistoire[modifier | modifier le code]

La grotte d'Azikh a notablement livré des vestiges d'hominidés remontant au Pléistocène moyen (~300 000 ans).

Protohistoire[modifier | modifier le code]

Au bronze ancien, la région du Haut-Karabagh actuel est comprise dans la sphère d'influence de la culture Kouro-Araxe. La culture Khodjali-Gədəbəy date quant à elle de l'âge du bronze final (XIIIe siècle - VIIe siècle avant notre ère). Des découvertes ont été faites concernant cette culture dans le village de Khodjali en 1895.

Antiquité[modifier | modifier le code]

La région est intégrée au plus tard au VIIIe siècle av. J.-C. à l'Urartu[4].

Sa population originelle, constituée d'autochtones caucasiens et de tribus nomades indo-européennes[5] parmi lesquelles un élément arménien[6], est intégrée au royaume d'Arménie, soit à l'époque orontide au IVe siècle av. J.-C.[7], soit à l'époque artaxiade au IIe siècle av. J.-C.[5]. Au sein de ce royaume, la région est incluse dans la province historique d'Artsakh[8]. La ville de Tigranakert y est fondée à l'époque artaxiade[9].

Monastère d'Amaras.

En 387, l'Empire romain et l'Empire néo-perse concluent un traité de paix qui attribue au premier l'Arménie occidentale (actuellement turque) et au second l'Arménie orientale. Dans ce cadre, l'Artsakh et l'Outik sont intégrés à l'Albanie du Caucase, alliée des Sassanides[10], bien qu'il soit possible que l'Artsakh n'ait été rattaché à l'Albanie du Caucase qu'après 451[11]. À la même époque, le processus d'arménisation s'achève, l'élément non arménien n'étant désormais plus identifiable[12]. En parallèle, la région voit le christianisme s'y répandre sous l'action de l'Église apostolique arménienne et en particulier de Mesrop Machtots, qui ouvre ainsi à Amaras la première école arménienne[13].

En 451, à la suite de la bataille d'Avarayr, de nombreux nobles arméniens se retirent dans les montagnes et forêts peu accessibles, notamment en Artsakh, qui devient un centre de résistance contre la Perse[14].

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Du VIIe au IXe siècle, la Transcaucasie est dominée par le califat ; les princes d'Artsakh sont au VIIe siècle sous l'influence des souverains de Siounie[15]. Au début du IXe siècle, deux princes arméniens — Sahl Smbatean et Esayi Abu-Muse — se révoltent toutefois contre les Arabes et établissent deux principautés indépendantes en Artsakh, le Khatchen et le Dizak ; la lignée de Khatchen gouverne l'Artsakh jusqu'au XIXe siècle et au rattachement de la région à l'Empire russe[16]. Les deux principautés deviennent des royaumes à la fin du Xe siècle[17]. Le Khatchen est ensuite partagé entre les quatre fils de Hasan Ier le Grand[N 2] à son abdication en 1182[18]. Les princes arméniens bénéficient de la bienveillance relative des Mongols, avant d'être dépossédés de leurs terres puis d'être restaurés par la dynastie des Qara Qoyunlu sous Jihan Shah après 1441[18], avec le titre de « mélik »[19].

Époque perse[modifier | modifier le code]

Les mélikats sont ensuite incorporés à la Perse séfévide ; Abbas Ier reconnaît par ailleurs leur autonomie[20]. À la suite de l’effondrement de la dynastie séfévide et de l'intervention ottomane dans l'Est de la Transcaucasie, les mélikats jouissent après l'insurrection de David Bek d'une courte période d'indépendance entre 1722 et 1730[21].

Nader Chah confirme ensuite lui aussi l'autonomie de la région[22] dans le cadre du khanat du Karabagh[23]. En 1747, Panah-Ali Khan Javanshir (en), un chef de clan turcoman, met cependant à profit l'assassinat de Nâdir Châh, qu'il a servi comme officier, et la succession sanglante qui suit pour se faire reconnaître khan du Karabagh par Adel Chah. Il rejette la suzeraineté iranienne en 1748[24]. Son fils Ibrahim Khalil Khan (en) met fin à l'autonomie des derniers mélikats qui ne reconnaissaient pas encore son autorité. La région est cependant reprise en main par l'Iran d'Agha Mohammad Chah[25].

Le khanat est temporairement occupé par les Russes lors de l'expédition russe en Perse de 1796[26] avant d'être repris par les Iraniens[27] : à cette occasion, Agha Mohammad Chah est assassiné quelques jours après son entrée à la capitale du Khanat[28].

Époque russe[modifier | modifier le code]

Chouchi (en 1920) après le massacre (1905) de sa population arménienne.

L'Empire russe annexe la région en 1805, lors de la guerre russo-persane de 1804-1813 ; l'annexion est confirmée par le traité de Golestan, signé le [29]. Elle est intégrée en 1868 au gouvernement d'Elisavetpol[30].

Après la révolution russe, le Haut-Karabagh est disputé entre la république démocratique d'Arménie et la république démocratique d'Azerbaïdjan[31]. Les Britanniques, qui commandent dans la région après la Première Guerre mondiale, acceptent cependant la nomination d'un gouverneur azéri[32] ; dès 1919, des massacres d'Arméniens ont lieu[33]. Le , les représentants de la région acceptent temporairement l'autorité azerbaïdjanaise, dans l'attente d'un règlement définitif — qui ne viendra jamais — de la question lors de la conférence de la paix de Paris[34]. Peu après, en mars 1920, la population arménienne de Chouchi est massacrée, ce qui entraîne l'arrivée de l'armée arménienne[35].

République arménienne de la montagne[modifier | modifier le code]

Une brève République arménienne de la montagne (1918-1921) préfigure alors l'actuel Haut-Karabagh.

Époque soviétique[modifier | modifier le code]

L'Azerbaïdjan est soviétisé en avril 1920[36], et les forces arméniennes doivent se retirer de la région en mai[37]. Les bolcheviks prennent ensuite le pouvoir en Arménie en novembre 1920 et créent la république socialiste soviétique d'Arménie[38]. En présence de Joseph Staline, le bureau caucasien du Comité central du parti bolchevik, auparavant favorable à l'Arménie, décide le rattachement du Haut-Karabagh à la république socialiste soviétique d'Azerbaïdjan le [39]. À cette époque, le territoire est peuplé à 94 % d'Arméniens[40]. En 1923 est constitué l'oblast autonome du Haut-Karabagh, séparé de l'Arménie par un « couloir azéri »[Lequel ?] pourtant peuplé d'Arméniens[39].

Pendant soixante-cinq ans, la situation n'évolue plus jusqu'en 1988 où, profitant de la perestroïka, la région autonome s'autoproclame le comme république socialiste soviétique à part entière, à égalité avec l'Arménie et l'Azerbaïdjan[41]. D'après le recensement de 1989, sur une population de 189 000 habitants, il y avait alors dans le pays 145 500 Arméniens et 41 000 Azéris[42]. Le , l'Azerbaïdjan revendique auprès de Mikhaïl Gorbatchev la réintégration du Haut-Karabagh à son territoire. Des violences éclatent la même année en Azerbaïdjan comme en Arménie. Des pogroms anti-arméniens font plusieurs centaines de victimes à Sumqayıt près de Bakou[43] puis en 1990 à Bakou même. Il en résulte un conflit armé qui se traduit par plusieurs dizaines de milliers de morts et de disparus et des centaines de milliers de personnes déplacées.

Époque post-soviétique[modifier | modifier le code]

Entre-temps, l'URSS s'effondre. L'Arménie et l'Azerbaïdjan proclament leur indépendance à l'été 1991, et le Karabakh la sienne le 2 septembre 1991. Celle-ci n'est pas reconnue par la communauté internationale, l'Arménie ne l'ayant pas soutenue, bien qu'elle maintienne son appui politique, économique et militaire à la République du Haut-Karabagh[44],[2]

Pendant la première guerre du Haut-Karabagh (1992-1994), la région est passée de facto sous le contrôle de l'Arménie, l'Azerbaïdjan a perdu 13 % de son territoire, que plusieurs centaines de milliers d'habitants ont dû fuir.

Pendant la seconde guerre du Haut-Karabagh (septembre-novembre 2020), l'Azerbaïdjan, avec l'appui logistique de la Turquie (drones, chasseurs F16), a repris le contrôle des régions de Fizuli, Jebrail, Zangelan et Kubatli, ainsi que d'une partie importante du territoire de l'ancien Oblast autonome du Haut-Karabagh (y compris les villes de Shusha et Hadrut). L'alliance de principe de la Russie n'a guère servi l'Arménie : la région, à la marge sud de la Russie est traversée par les oléoducs qui desservent le centre producteur azerbaïdjanais de pétrole de Bakou. Cela pose un problème géostratégique trop délicat pour que Moscou s'engage, au risque d'une rupture avec l'Azerbaïdjan et son allié turc[44]. Il lui est plus profitable de jouer la carte de l'affaiblissement des deux protagonistes afin de maintenir aisément sa présence militaire dans la région[45]. Selon la déclaration de cessez-le-feu du 10 novembre 2020, l'Azerbaïdjan a également pris le contrôle des régions d'Aghdam, Kelbajar et Latchine (à l'exception du corridor de Latchine, unique voie reliant le Haut-Karabagh à l'Arménie).

Le 19 septembre 2023, après plusieurs mois de blocus, l'Azerbaïdjan a lancé une nouvelle offensive militaire majeure. Les forces de l'Artsakh (Haut-Karabagh) se sont rapidement effondrées, entraînant une victoire azerbaïdjanaise, la dissolution de la République d'Artsakh, l'exode de la quasi-totalité de la population arménienne de la région, et l'entrée des forces de sécurité azerbaïdjanaises dans la capitale, Stepanakert[46].

Géographie[modifier | modifier le code]

Géographie physique[modifier | modifier le code]

Orographie[modifier | modifier le code]

Le Haut-Karabagh se situe sur la frange nord-orientale du haut-plateau arménien (plateau du Karabagh) et dans le Sud-Est du Petit Caucase ; il est bordé à l'est par les plaines de l'Araxe et de la Koura. L'altitude moyenne est 1 100 m et le point culminant est le Gomshasar (hy) (3 724 m) situé dans la chaîne de Mourovdag[47].

Hydrographie[modifier | modifier le code]

Les principaux cours d'eau sont l'Araxe, le Vorotan, l'Akera, le Tartar et la Khatchen (de)[48].

Climat[modifier | modifier le code]

À la différence de la république d'Arménie, la région connaît un climat plus tempéré. Située globalement à moins de 800 mètres d'altitude, les étés sont certes chauds, mais les hivers sont bien moins froids qu'en Arménie. En hiver, les températures moyennes minimales sont en dessous de °C, mais les températures moyennes maximales sont positives. La pluviométrie moyenne annuelle est assez uniformément répartie.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. appelé aussi Artsakh (en arménien : Արցախ) par les Arméniens
  2. Mort en 1201.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Alda Engoian, « Géopolitique. Haut-Karabakh arménien : requiem pour une République fantôme », sur courrierinternational.com,
  2. a et b Jean-Philippe Lefief, « Haut-Karabakh : comprendre ce conflit centenaire qui embrase les relations entre l'Azerbaïdjan et l'Arménie », sur lemonde.fr, (consulté le )
  3. « Вып. 4 : Народность и родной язык населения СССР. », sur shpl.ru (consulté le ).
  4. Donabédian et Mutafian 2010, p. 273 et 278.
  5. a et b Hewsen 1982, p. 27-40.
  6. Dédéyan 2007, p. 115.
  7. Hewsen 1982, p. 32–33.
  8. Dédéyan 2007, p. 43.
  9. Hewsen Atlas 2001, p. 73.
  10. (en) Marie-Louise Chaumont, « Albania », dans Encyclopædia Iranica (lire en ligne).
  11. Dédéyan 2007, p. 178.
  12. (en) Peter Rutland, « Democracy and Nationalism in Armenia », dans Europe-Asia Studies, vol. 46, no 5 (1994), p. 841.
  13. (en) Frank Viviano, « The Rebirth of Armenia », dans National Geographic, mars 2004.
  14. Yéghichê, Histoire de Vartan et de la guerre des Arméniens, chapitre VII [lire en ligne (page consultée le 18 janvier 2009)].
  15. Dédéyan 2007, p. 221.
  16. Hewsen Atlas 2001, p. 119, 155, 163, 264–65.
  17. Donabédian et Mutafian 2010, p. 275 et 279.
  18. a et b Dédéyan 2007, p. 415.
  19. Dédéyan 2007, p. 416.
  20. Dédéyan 2007, p. 417.
  21. Dédéyan 2007, p. 460.
  22. (en) Richard G. Hovannisian (dir.), Armenian People from Ancient to Modern Times, vol. II : Foreign Dominion to Statehood: the Fifteenth Century to the Twentieth Century, Palgrave Macmillan, New York, 1997 (réimpr. 2004) (ISBN 978-1403964229), p. 89.
  23. Constant 2002, p. 157.
  24. (en) Richard Tapper, Frontier nomads of Iran: A political and social history of the Shahsevan, Cambridge University Press, 1997 (ISBN 0521583365), p. 114-115.
  25. Constant 2002, p. 170.
  26. Constant 2002, p. 172.
  27. Constant 2002, p. 174.
  28. Yves Bomati, Houchang Nahavandi, Les grandes figures de l'Iran, Paris, Perrin, (ISBN 978-2-262-04732-0), chap. « Agha Mohammad Shah »
  29. Dédéyan 2007, p. 482.
  30. Ter Minassian, p. 130.
  31. Ter Minassian, p. 133.
  32. Ter Minassian, p. 134.
  33. Ter Minassian, p. 135.
  34. Ter Minassian, p. 137.
  35. Ter Minassian, p. 202.
  36. Ter Minassian, p. 199.
  37. Ter Minassian, p. 203.
  38. Ter Minassian, p. 226-229.
  39. a et b Ter Minassian, p. 261.
  40. Ter Minassian, p. 260.
  41. Dédéyan 2007, p. 651.
  42. Dédéyan 2007, p. 666.
  43. Dédéyan 2007, p. 652.
  44. a et b Eric Dedier, Francesca Fattori, Isabelle Mandraud, Delphine Papin et Victor Simonnet, « Haut-Karabakh, le réveil d'un vieux conflit », sur lemonde.fr, (consulté le )
  45. « Guerre totale en Azerbaïdjan Après l'échec de toutes les médiations, Bakou a lancé une contre-offensive dans le conflit du Haut-Karabakh, dont Moscou tente toujours de garder les clés », sur lemonde.fr,
  46. (en) FRANCE 24, « Azerbaijan launches Karabakh operation, urges Armenian separatists to surrender », sur france24.com, (consulté le ).
  47. (en) « Geographical location », sur nkr.am, Nagorno Karabakh Republic — Ministry of Foreign Affairs (consulté le ).
  48. (en) « General Information », sur nkr.am, President of the Artsakh Republic (consulté le ).


Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]