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Le '''qawwalî''' ou '''quwwalî''' ([[arabe ]]: قوّالی ; [[Gurmukhi|gourmoukhī ]]: ਕ਼ੱਵਾਲੀ ; [[Devanagari|devanāgarī ]]: क़व्वाली ; nāgarī orientale : ক়ব্বালী) est un genre musical, populaire en [[Inde]] et au [[Pakistan|Pakistan,]] qui exprime une dévotion [[soufi]]e. Il trouve son origine dans l'[[Inde]] du {{XIVe siècle}}, son fondateur est censé être [[Amir Khusrau Dehlavi]]. Les chants de qawwalî se classent en deux groupes : les ''hamd'' ou ''manqabat'' qui sont des chants dévotionnels dédiés à [[Allah]] et les ''[[ghazal]]'' qui sont des chants profanes qui célèbrent le vin ou l'amour.
Le '''qawwalî''' ou '''quwwalî''' ([[arabe ]]: قوّالی ; [[Gurmukhi|gourmoukhī ]]: ਕ਼ੱਵਾਲੀ ; [[Devanagari|devanāgarī ]]: क़व्वाली ; nāgarī orientale : ক়ব্বালী) est un genre musical, populaire en [[Inde]] et au [[Pakistan|Pakistan,]] qui exprime une dévotion [[soufi]]e. Il trouve son origine dans l'[[Inde]] du {{XIVe siècle}}, et son fondateur est [[Amir Khusrau Dehlavi]]<ref>{{Article |langue=en |auteur1=Harold S. Powers |titre=Review of Regula Burckhardt Qureshi, ''Sufi Music of India. Sound, Context and Meaning in Qawwali'' |périodique=Journal of the American Oriental Society |volume=109 |numéro=4 |date=oct. – dec. 1989 |issn= |doi=10.2307/604123 |lire en ligne= |pages=702–705 (v. p. 703) }}</ref>. Les chants de qawwalî se classent en deux groupes : les ''hamd'' ou ''manqabat'' qui sont des chants dévotionnels dédiés à [[Allah]] et les ''[[ghazal]]'' qui sont des chants profanes qui célèbrent le vin ou l'amour.


== Exécution d'un qawwali ==
== Exécution d'un qawwali ==
Un ensemble traditionnel de qawwali est généralement composé de neuf hommes : deux chanteurs principaux qui jouent de l'[[harmonium]], cinq chanteurs de refrains qui battent la mesure avec leurs mains, un joueur de [[tablâ]]s et un joueur de tambour [[dholak]].
Un ensemble traditionnel de qawwali est généralement composé de neuf hommes : deux chanteurs principaux qui jouent de l'[[harmonium]], cinq chanteurs de refrains qui battent la mesure avec leurs mains, un joueur de [[tablâ]]s et un joueur de tambour [[dholak]].


Les chansons durent en principe une quinzaine de minutes et sont habituellement arrangées dans le format suivant : la ''mélodie principale'' est générée sur des harmoniums, avec généralement des variations improvisées sur ce thème. Vient ensuite, une ''introduction appelée âlâp'', où les chanteurs entonnent différentes notes longues provenant du [[râga]] qui sert de soubassement tonique au thème joué. Puis, ''le chanteur principal commence à chanter'' les vers du poème qui constituent les paroles de la chanson, accompagné du seul [[harmonium]]. Les mélodies chantées sont improvisées en suivant la structure du [[râga]] choisi. Après la première exposition du vers par le chanteur principal, un autre le répète sur une mélodie improvisée différente. Quelques vers, en nombre variable, sont ainsi chantés, de façon à conduire vers le cœur principal de la chanson. C'est alors que ''la chanson débute véritablement'' : à ce moment, les [[tablâ]]s et le [[dholak]] commencent à jouer en rythme, avec les chanteurs de chœur battant leurs mains en rythme et tous les membres de l'ensemble s'associent au chant des vers. Les paroles et les mélodies qui leur sont associées ne sont généralement pas improvisés et sont en fait des chansons traditionnelles très populaires. Au cours de la chanson, le chanteur principal et les choristes peuvent improviser une longue mélodie tonale. Le chanteur [[Nusrat Fateh Ali Khan]] a popularisé le chant du [[sargam]] — les notes du solfège indien — à ce moment de la chanson.
Les chansons durent en principe une quinzaine de minutes et sont habituellement arrangées dans le format suivant : la ''mélodie principale'' est générée sur des harmoniums, avec généralement des variations improvisées sur ce thème. Vient ensuite, une ''introduction appelée « âlâp »'', où les chanteurs entonnent différentes notes longues provenant du [[râga]] qui sert de soubassement tonique au thème joué. Puis, ''le chanteur principal commence à chanter'' les vers du poème qui constituent les paroles de la chanson, accompagné du seul [[harmonium]]. Les mélodies chantées sont improvisées en suivant la structure du [[râga]] choisi. Après la première exposition du vers par le chanteur principal, un autre le répète sur une mélodie improvisée différente. Quelques vers, en nombre variable, sont ainsi chantés, de façon à conduire vers le cœur principal de la chanson. C'est alors que ''la chanson débute véritablement'' : à ce moment, les [[tablâ]]s et le [[dholak]] commencent à jouer en rythme, avec les chanteurs de chœur frappant leurs mains en rythme, tandis que tous les membres de l'ensemble s'associent au chant des vers. Les paroles et les mélodies qui leur sont associées ne sont généralement pas improvisés et sont en fait des chansons traditionnelles très populaires. Au cours de la chanson, le chanteur principal et les choristes peuvent improviser une longue mélodie tonale. Le chanteur [[Nusrat Fateh Ali Khan]] a popularisé le chant du [[sargam]] — les notes du solfège indien — à ce moment de la chanson.


La chanson connait une montée du tempo et du pathos, chaque chanteur essayant de se surpasser en termes d'arabesques vocales. Quelques chanteurs exécutent de longues périodes d'improvisations sur le sargam, dialoguant souvent avec un apprenti chanteur. Les chansons finissent habituellement de façon abrupte.
La chanson connait une montée du tempo et du pathos, chaque chanteur essayant de se surpasser en termes d'arabesques vocales. Quelques chanteurs exécutent de longues périodes d'improvisations sur le sargam, dialoguant souvent avec un apprenti chanteur. Les chansons finissent habituellement de façon abrupte.
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== Le qawwali contemporain ==
== Le qawwali contemporain ==
Quelques musiciens de [[rock]] ont introduit dans certaines compositions des sonorités qawwalî : [[Jeff Buckley]] (dans certaines versions de ''Dream brother''), a ainsi invité [[Nusrat Fateh Ali Khan]] — qui est d'ailleurs très proche de [[Peter Gabriel]].
Quelques musiciens de [[rock]] ont introduit dans certaines compositions des sonorités qawwalî : [[Jeff Buckley]] (dans certaines versions de ''Dream brother''), a ainsi invité Nusrat Fateh Ali Khan — qui est d'ailleurs très proche de [[Peter Gabriel]].


== Notes et références ==
== Notes et références ==
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== Bibliographie ==
== Bibliographie ==


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== Liens externes ==
== Liens externes ==



Version du 12 août 2020 à 21:42

Qawwalî à Ajmer en 2018.

Le qawwalî ou quwwalî (arabe : قوّالی ; gourmoukhī : ਕ਼ੱਵਾਲੀ ; devanāgarī : क़व्वाली ; nāgarī orientale : ক়ব্বালী) est un genre musical, populaire en Inde et au Pakistan, qui exprime une dévotion soufie. Il trouve son origine dans l'Inde du XIVe siècle, et son fondateur est Amir Khusrau Dehlavi[1]. Les chants de qawwalî se classent en deux groupes : les hamd ou manqabat qui sont des chants dévotionnels dédiés à Allah et les ghazal qui sont des chants profanes qui célèbrent le vin ou l'amour.

Exécution d'un qawwali

Un ensemble traditionnel de qawwali est généralement composé de neuf hommes : deux chanteurs principaux qui jouent de l'harmonium, cinq chanteurs de refrains qui battent la mesure avec leurs mains, un joueur de tablâs et un joueur de tambour dholak.

Les chansons durent en principe une quinzaine de minutes et sont habituellement arrangées dans le format suivant : la mélodie principale est générée sur des harmoniums, avec généralement des variations improvisées sur ce thème. Vient ensuite, une introduction appelée « âlâp », où les chanteurs entonnent différentes notes longues provenant du râga qui sert de soubassement tonique au thème joué. Puis, le chanteur principal commence à chanter les vers du poème qui constituent les paroles de la chanson, accompagné du seul harmonium. Les mélodies chantées sont improvisées en suivant la structure du râga choisi. Après la première exposition du vers par le chanteur principal, un autre le répète sur une mélodie improvisée différente. Quelques vers, en nombre variable, sont ainsi chantés, de façon à conduire vers le cœur principal de la chanson. C'est alors que la chanson débute véritablement : à ce moment, les tablâs et le dholak commencent à jouer en rythme, avec les chanteurs de chœur frappant leurs mains en rythme, tandis que tous les membres de l'ensemble s'associent au chant des vers. Les paroles et les mélodies qui leur sont associées ne sont généralement pas improvisés et sont en fait des chansons traditionnelles très populaires. Au cours de la chanson, le chanteur principal et les choristes peuvent improviser une longue mélodie tonale. Le chanteur Nusrat Fateh Ali Khan a popularisé le chant du sargam — les notes du solfège indien — à ce moment de la chanson.

La chanson connait une montée du tempo et du pathos, chaque chanteur essayant de se surpasser en termes d'arabesques vocales. Quelques chanteurs exécutent de longues périodes d'improvisations sur le sargam, dialoguant souvent avec un apprenti chanteur. Les chansons finissent habituellement de façon abrupte.

Qawwali et soufisme

Le qawwali est généralement exécuté dans les sanctuaires soufis au Pakistan et en Inde. Le genre a gagné une renommée internationale par l'intermédiaire de son défunt maître pakistanais, Nusrat Fateh Ali Khan. Parmi les autres qawwals célèbres on peut citer les frères Sabri, Aziz Mian, Rizwan-Muazzam, Abida Parveen, Faiz Ali Faiz.

Le qawwali contemporain

Quelques musiciens de rock ont introduit dans certaines compositions des sonorités qawwalî : Jeff Buckley (dans certaines versions de Dream brother), a ainsi invité Nusrat Fateh Ali Khan — qui est d'ailleurs très proche de Peter Gabriel.

Notes et références

  1. (en) Harold S. Powers, « Review of Regula Burckhardt Qureshi, Sufi Music of India. Sound, Context and Meaning in Qawwali », Journal of the American Oriental Society, vol. 109, no 4,‎ oct. – dec. 1989, p. 702–705 (v. p. 703) (DOI 10.2307/604123)

Bibliographie

  • (en) Shemeem Burney Abbas, The female voice in sufi ritual : Devotional practices of Pakistan and India., Austin, University of Texas Press, , 240 p. (ISBN 978-0-292-70515-9)
  • (en) Regula Burckhardt Qureshi, Sufi music of India and Pakistan : sound, context and meaning in Qawwali, Cambridge, Cambridge University Press, 1995 (new edition) (1re éd. 1987), XVIII, 265 (ISBN 978-0-226-70092-2)
  • Denis Matringe, « Les dargâh des pays de l'Indus », dans Mohammed Ali Amir-Moezzi, Lieux d'Islam : Cultes et culture de l'Afrique à Java, Paris, Autrement, coll. « Monde HS n° 91/92 », , 349 p. (ISBN 978-2-862-60580-7), p. 255-275 (v. surtout p. 266-269)

Liens externes

  • (fr) « Qawwali » sur Les sons du monde (Lire en ligne - Consulté le 12 août 2020)